23 septembre 2019
Accueil > A la une > « Sétif, la fosse commune » de Kamel Beniaïche

« Sétif, la fosse commune » de Kamel Beniaïche

Une Séance dédicace du livre sur les massacres de « Sétif, la fosse commune » de Kamel Beniaïche traduit en arabe pour toucher la majorité du lectorat par Fouzi Benkari abrité dans la salle de conférences du Musée du moudjahid d’Oum El Bouaghi après une conférence animée par l’auteur et qui a été suivie par une centaine de personnes de tous âges.

K. Beniaïche a brièvement raconté comment il a pu recueillir les témoignages qui ont servi de toile de fond à son ouvrage, sans omettre de souligner les difficultés rencontrées pour se faire préfacer son livre par un historien. De tous ceux qu’il a sollicités, seuls Gilles Manceron et Bachir Faïd ont accepté de le faire.

L’autre point sur lequel s’est appesanti l’auteur du livre Les massacres de Sétif, la fosse commune a trait aux massacres perpétrés par la soldatesque française durant les manifestations du 8 Mai 1945, au moment où le monde entier chantait la chute du régime nazi. Le premier responsable des douloureux événements n’est autre que le général de Gaulle.

L’auteur, K. Beniaïche, a relevé, par ailleurs, la partialité de la presse de l’époque, qui avait rapporté dans ses colonnes l’événement comme le fait d’une rébellion et d’une attaque contre les colons, faisant l’impasse sur les massacres des autochtones. Après un débat qui a permis de donner plus de précisions sur le contenu du livre, Kamel Beniaïche a dédicacé son livre en présence des autorités de la wilaya, qui ont apprécié l’événement à sa juste valeur, d’autant qu’il coïncide avec les célébrations de la Fête nationale de l’indépendance et de la jeunesse. 

L’auteur avait au par avant souligné, lors de la présentation de sa première copie en langue française éditée en 2016  : «J’ai écrit ce livre pour mon pays qui m’a appris et donné la liberté, je l’ai fait aussi en hommage à tous ceux qui sont tombés sous les affres de cet odieux massacre, pour que Mai soit précurseur de Novembre glorieux et pour que la mémoire n’oublie jamais». Selon lui, si ces massacres n’ont pas divulgué tous leurs secrets et restent encore méconnus des générations montantes…. il déclara : «C’est là un des éléments forts qui m’a poussé à traduire ce livre en langue nationale, d’autant plus que j’ai en ma possession des preuves écrites irréfutables qui étayent mes propos. Cette conférence débat s’inscrit dans le sens de la préservation de la mémoire». 
Kame Beniaiche a cette occasion présenta les grandes lignes de son prochain ouvrage qu’il consacre aux mêmes massacres avec les preuves du «Complot» et une réponse accablante à tous ces porteurs de la mémoire coloniale qui estiment dans leurs contre-vérités «qu’il n’y a pas eu de fosses communes». 

synthèse net

  
NB : sur le blog etudescoloniales Roger Vétillar revient sur la publication de Kamel Beniaiche : Sétif, La Fosse Commune 
(éd. El Ibriz, Alger 2016) et affirme : « Ce livre est en quelque sorte un complément à celui de Maurice Villard** qui évoquait ces journées dramatiques en s’appuyant sur les témoignages de 80 Européens de la région. Il faudra désormais que les historiens dans le souci de s’informer acceptent de se reporter également à ces deux ouvrages. Certes on sait que des témoignages recueillis des décennies après les événements concernés ne sont pas l’exact reflet des faits étudiés, mais leur confrontation ne peut que faciliter la recherche d’une certaine réalité. » LIRE

______
**Maurice Villard, Les massacres du 8 mai 1945. Sétif-Guelma, Am. des Hauts Plateaux éd., Béziers, 2010.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *